"La bataille navale de Zaccaria Mocenigo au large de l'île de Sapienza" d'un anonyme vers 1665, dans le salon 5. Le tableau commémore un affrontement survenu en 1665 près de l'île de Sapienza (en Grèce actuelle) entre la flotte vénitienne et des corsaires barbaresques (on reconnaît le navire ennemi à son drapeau vert orné de croissants blancs). Zaccaria Mocenigo (1634-1665) commandait le navire vénitien. Se voyant encerclé et sur le point d'être capturé par l'ennemi, il choisit de mettre le feu à ses propres réserves de poudre. Il préféra mourir dans l'explosion de son vaisseau, emportant avec lui une partie de ses assaillants, plutôt que de se rendre. Cet acte de bravoure extrême en fit une figure légendaire du patriotisme vénitien. Ce tableau fait partie d'une série de marines et de scènes de guerre destinées à célébrer les hauts faits militaires des membres de la dynastie Mocenigo
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Le plafond due la salle 6 - L'Apothéose de la famille Mocenigo. La fresque ovale est l'œuvre de Jacopo Guarana (réalisée vers 1787). Elle représente une scène allégorique célébrant l'apothéose et la gloire de la famille Mocenigo. On y voit des figures de la Renommée, de l'Hymen (dieu du mariage) et de la Vertu parmi les nuages. Le lustre est un chef-d'œuvre de la verrerie de Murano du XVIIIe siècle, attribué à Giuseppe Briati. C'est un modèle "à cioca" (en forme de bouquet de fleurs), extrêmement complexe, avec des éléments en verre bleu et des fleurs polychromes
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Le plafond de la salle 7 : Le décor est plus géométrique avec un panneau central rectangulaire orné de stucs délicats et de motifs de fleurs sur un fond bleu ciel (teinte pastello). Le Lustre : Encore un exemple magnifique de verre de Murano, plus petit que celui de la salle précédente mais remarquable pour ses touches de bleu et ses pampilles en forme de clochettes roses. Cette salle célèbre le mariage entre un neveu du Doge Alvise IV et Laura Corner en 1787, événement qui a justifié la commande de nombreux décors du palais à cette époque
Tissus et Costumes
Le palais semble reprendre vie grâce à une mise en scène soignée de mannequins arborant des vêtements et accessoires d'une grande valeur. Ces pièces, issues du Centre d’études sur l’histoire du tissu et du costume, témoignent du faste vénitien : Les vêtements sont réalisés dans des tissus façonnés, enrichis de broderies complexes et de dentelles délicates. Chaque costume documente l'évolution de la mode et souligne l'élégance légendaire qui a fait de la ville la capitale du luxe européen. Au-delà de l'esthétique, c'est un hommage au génie des artisans (tisserands, brodeurs, tailleurs) qui ont façonné l'identité visuelle de l'aristocratie.
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Ce tableau, situé dans la salle 8, représente un autre événement diplomatique majeur de la famille : L'arrivée à Londres de l'ambassadeur de Venise, Alvise IV Mocenigo, en 1726. Le tableau dépeint le débarquement solennel de l'ambassadeur sur les rives de la Tamise. On y voit une multitude de barques et de gondoles de parade (adaptées au goût londonien) accueillies par une foule dense sur les quais. On reconnaît l'architecture typique des anciens quais de Londres, avec la Tour de Londres et ses fortifications en arrière-plan à droite. Comme pour la vue de Rome, il est attribué à un peintre de "vedute" (vues urbaines), probablement du cercle de Luca Carlevarijs ou de Canaletto, qui étaient les maîtres du genre pour immortaliser les réceptions diplomatiques
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La salle 8, photographiée sous un angle qui met en avant la table de présentation de la verrerie. On voit sur la gauche une rangée de fauteuils de style Louis XVI (fin du XVIIIe siècle) avec des cadres en bois doré et un revêtement en soie rouge. Contrairement aux premières salles, les murs ici présentent des encadrements peints en bleu clair et jaune pâle, caractéristiques du goût néoclassique plus sobre de la fin du XVIIIe siècle. La longue table, recouverte d'un tissu damassé rose/rouge protégé par un plateau transparent, présente une collection exceptionnelle de verrerie de Murano du XVIIIe siècle. On distingue de nombreux verres, carafes et flacons ornés de motifs gravés à la pointe de diamant (fleurs, blasons, scènes de genre). Certaines pièces présentent des fils de verre blanc (latticino) entrelacés dans la paroi. La transparence parfaite de ces objets témoigne de la maîtrise technique des maîtres verriers vénitiens, qui cherchaient à imiter le cristal de roche. Cette salle fait partie du parcours dédié à l'histoire du costume et des arts décoratifs
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Ce lustre se trouve également dans le salle 8. C'est un lustre de style "Rezzonico", l'apogée du luminaire vénitien. Sa structure est composée d'une armature métallique entièrement recouverte de centaines de petits éléments en verre soufflé emboîtés (les bossole). Contrairement aux lustres des salles précédentes qui avaient des touches de bleu ou de rouge, celui-ci est en verre "cristallo" transparent et opalin. L'utilisation du verre opalin (aux reflets laiteux) donne au lustre cette douceur et cet éclat particulier. Il est orné de motifs végétaux typiques du goût rococo, avec des feuilles recourbées et des fleurs délicates, le tout réalisé à la main à chaud par les maîtres verriers. On voit également le plafond "alla sansovina" avec ses poutres en bois décorées de motifs dorés et peints, encadré par une frise en stuc rose. C'est l'un des plus beaux plafonds structurels du palais
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Cette décoration se situe au-dessus de la cheminée dans la Salle 8. Il s'agit d'une composition décorative typique du goût néoclassique vénitien de la fin du XVIIIe siècle. Le panneau central représente un putto (ou angelot) s'appuyant sur un grand vase fleuri. C'est une grisaille (ou monochrome). Cette technique utilise différentes nuances de gris pour imiter le relief et donner l'illusion d'une sculpture ou d'un bas-relief en marbre ou en pierre. Ce type de décor était très en vogue pour les dessus-de-porte ou les trumeaux de cheminée à la fin du XVIIIe siècle, apportant une touche de sobriété et d'élégance classique qui rompait avec les couleurs vives du baroque. En haut de l'image, on retrouve la frise en stuc rose et blanc. Elle est ornée de rinceaux, de fleurs et de têtes de personnages (mascarons). La grisaille est insérée dans un cadre aux formes mixtilignes, flanqué de pilastres décorés de motifs floraux stylisés en stuc blanc sur un fond crème. En bas, on aperçoit le linteau imposant d'une cheminée en marbre, dont les consoles (les supports sur les côtés) sont en marbre noir veiné, créant un contraste avec la clarté des murs
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Ce vase est une pièce de porcelaine du Japon, de style Imari. Il est reconnaissable à sa palette de couleurs caractéristique, appelée "le trio Imari" : le bleu de cobalt, le rouge de fer et les rehaussements à l'or. Ce type de porcelaine était massivement exporté du Japon vers l'Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles via la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. À Venise, ces objets étaient des signes de richesse et d'ouverture culturelle extrême. Le vase est orné d'un Phénix aux ailes déployées, symbole d'immortalité et de vertu, niché au milieu d'une végétation luxuriante de pivoines et de cerisiers en fleurs. Le décor est organisé en panneaux verticaux sur le col, une structure classique qui souligne l'élégance de la forme. Le vase est posé sur une console en marbre jaune de Vérone (ou de Sienne), dont les veines se marient harmonieusement avec les tons orangés de la porcelaine. Derrière, on retrouve le damas de soie rouge/saumon typique des premières salles du palais (comme la Salle 4 ou 5), créant un contraste qui met en valeur la finesse de l'objet
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Paravent japonais (connu sous le nom de Byōbu), exposé dans le cadre de l'exposition temporaire mettant en dialogue l'Orient et l'Occident
Miroir de parade vénitien du XVIIIe siècle. Il s'agit d'un travail d'ébénisterie de style Baroque tardif / Rococo. Le cadre est en bois sculpté et doré à la feuille, orné de riches motifs de volutes, de rocailles et de feuillages. La partie supérieure est particulièrement fastueuse. Elle est agrémentée d'une couronne ducale et soutenue par deux putti (angelots) qui encadrent un médaillon central. La surface réfléchissante n'est pas d'un seul tenant, mais divisée par de petits croisillons dorés. À l'époque, la fabrication de grandes plaques de verre d'un seul bloc était techniquement difficile et extrêmement coûteuse ; assembler plusieurs panneaux était une pratique courante, même pour les familles les plus riches. Au premier plan, on aperçoit un vase de type porcelaine chinoise d'exportation de la période Qing. Son décor floral coloré contraste avec la dorure du miroir
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Tableau, exposé dans la salle 8, fait partie de la série des grandes ambassades d'Alvise IV Mocenigo. Il représente l'entrée solennelle de l'ambassadeur de Venise à Madrid en 1730. On y voit la procession diplomatique d'Alvise IV Mocenigo arrivant à Madrid. Comme pour les vues de Rome et de Londres, l'objectif est de mettre en scène la richesse et le prestige de Venise à travers le luxe des carrosses et l'importance de l'escorte. La scène se déroule sur une place madrilène. On reconnaît l'architecture espagnole typique de l'époque avec ses balcons remplis de spectateurs. À droite, se dresse une haute tour qui rappelle le style des clochers espagnols (campaniles). Il est attribué à un peintre de l'école de la veduta, probablement un collaborateur ou un suiveur de Luca Carlevarijs. Ces artistes étaient spécialisés dans l'enregistrement minutieux de ces grands événements officiels
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Ce tableau représente la réception d'Alvise IV Mocenigo au Palais du Quirinal à Rome en 1750. La scène se déroule dans la cour intérieure du Palais du Quirinal (qui était à l'époque la résidence d'été du Pape, et aujourd'hui le palais présidentiel italien). On reconnaît l'architecture solennelle du palais avec ses arcades éclairées. Il s'agit d'une scène de nuit spectaculaire. montrant l'arrivée nocturne de l'ambassadeur pour son audience avec le pape Benoît XIV. Le peintre a utilisé une technique de clair-obscur pour souligner l'éclat des flambeaux et des torches qui illuminent les carrosses dorés et la foule des courtisans, créant une atmosphère théâtrale et prestigieuse. Comme pour la vue de la Place du Peuple, ce tableau est attribué à l'entourage de Gian Paolo Panini ou à un peintre de vedute romaines spécialisé dans les cérémonies
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Cette scène est une installation muséographique située à la fin des appartements historiques, conçue pour résumer l'essence du musée : le portrait et le costume. Le mur est tapissé de reproductions de portraits de membres de la famille Mocenigo et de l'aristocratie vénitienne du XVIIIe siècle. Les mannequins présentent des exemples parfaits de la mode vénitienne sous la République : L'homme porte un habit à la française de couleur pourpre/lie-de-vin en soie, avec une culotte assortie. Son chapeau est un tricorne noir, l'accessoire indispensable de l'homme de qualité à Venise. On distingue également le jabot de dentelle blanche à son cou. La femme porte une robe à l'anglaise ou un ensemble jupe et corsage en soie brochée à motifs floraux. La forme de la jupe est soutenue par des "paniers" (bien que plus modestes ici que pour les robes de cour), créant cette silhouette typique du milieu du XVIIIe siècle. Cette salle sert de transition entre le palais historique et les sections techniques du musée (comme le Centre d'Études de l'Histoire du Tissu et du Costume ou les salles dédiées au Parfum)
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Il s'agit de la Salle 9, appelée la Bibliothèque ou salle des archives. L'élément central est cette imposante bibliothèque en noyer sculpté du XVIIIe siècle. Elle contient une collection de registres et de volumes anciens reliés en parchemin clair. Ces documents sont essentiels car ils constituent une partie des archives de la famille Mocenigo. On peut voir des lettres dorées (A, M) sur le haut du meuble, servant probablement à l'indexation des archives (peut-être pour "Archivio Mocenigo"). Les volumes sont numérotés en chiffres romains sur le dos. Le revêtement est ici très différent des salons de réception. Il s'agit d'un papier peint bleu à effet moiré (imitation des reflets de la soie moirée). Ce bleu "poudre" est typique de la fin du XVIIIe siècle et apporte une atmosphère plus calme et propice au travail de cabinet. Contrairement au traditionnel terrazzo alla veneziana des grandes salles, on trouve ici un parquet en marqueterie de bois aux motifs géométriques, plus chaleureux pour un bureau ou une bibliothèque. À droite, un portrait d'un membre de la famille en habit rouge (peut-être un uniforme d'officier ou de magistrat) complète la collection iconographique du palais. Cette pièce servait de cabinet de travail
Le Parcours du Parfum
Un nouveau parcours intègre désormais une section consacrée au parfum, expliquant le rôle de Venise comme plaque tournante du commerce des essences précieuses et des cosmétiques à travers l'Europe. Reconnaissant l'importance historique de la ville dans le commerce des essences venues d'Orient. À travers six salles thématiques, les visiteurs découvrent l'héritage vénitien : Le rôle central de la ville dans la naissance de la tradition cosmétique et de l'industrie du parfum ; le parcours mêle outils multimédias et expériences sensorielles, permettant de humer les ingrédients historiques et de comprendre les processus de création.
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La première salle (13) du Musée du Parfum, installé dans les salles 13 à 17 du Palazzo Mocenigo.Il s'agit de la reconstitution d'un Laboratoire de Parfumeur du XVIIIe siècle. Au fond, l'armoire ouverte expose une collection d'albarelli (pots à pharmacie en céramique) et de flacons contenant les essences, épices et poudres utilisées pour créer les fragrances. La table de travail : On y voit des instruments de mesure, des mortiers pour piler les substances, des entonnoirs et surtout des alambics en verre (visibles sur la table et à gauche), essentiels pour la distillation des huiles essentielles. Un grand livre ouvert évoque les recueils de formules secrètes. Les mannequins illustrent la mode de la seconde moitié du XVIIIe siècle. La femme porte une robe à la française verte à rayures, richement ornée de volants (falbalas). L'homme porte un habit de soie jaune doré avec un gilet brodé et le tricorne classique. Venise a été pendant des siècles la capitale européenne du parfum grâce à son monopole sur les routes des épices venant d'Orient. Venise a inventé le concept moderne de la parfumerie, alliant la science de la distillation à l'esthétique des flacons
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Cette vitrine présente une collection de flacons de parfum anciens. Le Verre Opalin (Lattimo) : Au centre, le grand flacon blanc torsadé imite la porcelaine. C'est un verre opaque obtenu grâce à l'ajout d'oxyde d'étain ou d'arsenic. La Murrine et le Millefiori : Plusieurs petits flacons ronds à gauche présentent des motifs de mosaïque multicolore. Le Verre Aventurine : On distingue des flacons avec des reflets pailletés dorés ou cuivrés (comme la petite boîte foncée au centre). C'est une technique complexe où l'on insère des micro-cristaux de cuivre dans la masse de verre. Le Verre Émaillé et Gravé : On aperçoit des flacons en verre transparent avec des motifs de fleurs ou de paysages peints à l'émail ou gravés à la roue. Le Lapis-lazuli : Le flacon bleu intense de forme géométrique au premier plan imite la pierre précieuse. On aperçoit de grands récipients en métal ou en céramique (souvent du plomb ou de l'étain). Ils servaient au stockage des essences brutes ou des eaux florales avant leur mise en flacon, afin de les protéger de la lumière et de préserver leurs propriétés olfactives
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La table des matières premières, dans la salle 15. Ce sont des récipients en verre de Murano, certains de style antique ou baroque, contenant les ingrédients bruts utilisés par les parfumeurs (I Muschieri). On peut identifier plusieurs substances classiques de la parfumerie historique : L'anis étoilé (Badiane), l'ambre gris ou Musc : On aperçoit des substances résineuses ou poudreuses dans les grands flacons centraux. Les bocaux contiennent également des copeaux de bois (comme le santal) ou des racines séchées (comme l'iris de Florence). Le bocal à droite contient des boutons de fleurs ou des herbes aromatiques. Chaque ingrédient est accompagné d'une petite fiche explicative précisant le nom de la plante, son origine géographique et ses propriétés olfactives
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Cette vitrine présente un herbier de parfumerie, une collection de spécimens botaniques séchés conservés dans des bocaux en verre. Ces flacons contiennent les éléments végétaux qui servaient de base à la création des fragrances, des remèdes et des cosmétiques à Venise. Les étiquettes calligraphiées à la main utilisent des noms latins classiques pour identifier les espèces. Iris foetidissima : Visible dans le deuxième bocal à gauche. Si l'iris est célèbre pour ses racines (rhizomes) à l'odeur de violette, cette variété spécifique était également utilisée pour ses propriétés médicinales. Lunaria rediviva : Le bocal central contient des graines de "Lunaire" (ou Monnaie-du-Pape), souvent utilisée pour ses vertus ornementales et parfois médicinales. Muscari dubius : À gauche, des fleurs séchées de Muscari, une plante à bulbe. Cleome gigantea : Le grand bocal au fond présente cette plante spectaculaire dont on extrayait parfois des essences. Platanus occidentalis : Au centre, le grand tube contient des éléments du Platane d'Occident. Lycoperdon : On aperçoit à droite un bocal contenant des champignons de type "Vesse-de-loup", utilisés historiquement comme hémostatiques ou dans certaines préparations d'apothicaire
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Cette vitrine présente une collection de flacons de parfum de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, marquant l'âge d'or de la parfumerie moderne et de l'Art nouveau. L'Art Nouveau et le Verre Dépoli : Plusieurs flacons au centre (comme le flacon sphérique blanc avec des motifs de fleurs en relief) utilisent la technique du verre moulé-pressé dépoli, popularisée par des maîtres comme René Lalique. On remarque un flacon hexagonal noir à motifs dorés évoquant la laque japonaise, ainsi qu'un flacon à droite en forme de chapeau chinois (ou pavillon) orné d'un pompon noir, témoignant du goût pour l'exotisme au début du XXe siècle. En bas à gauche, on distingue des flacons équipés de poires (vaporisateurs à monture dorée), une innovation technique qui a révolutionné la manière de se parfumer en permettant une diffusion plus légère et aérienne des fragrances. Outre le verre de Murano, on aperçoit des flacons en opaline, en verre noir opaque, et même des contenants rappelant des pierres dures comme la malachite ou l'agate. À cette époque, le flacon devient un objet de collection à part entière. Les parfumeurs commencent à collaborer avec de grands cristalliers (Baccarat, Lalique) pour créer des flacons dont le nom et le design racontent une histoire, transformant le parfum en un produit de luxe global
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Flacon de parfum en verre de Murano, remarquable par sa couleur et sa technique. Le flacon rouge orangé présente un éclat scintillant unique. Cette technique, inventée à Murano au XVIIe siècle, consiste à insérer des microcristaux de cuivre dans la masse de verre en fusion. On l'appelait "aventurine" car sa réussite relevait de l'aventure (all'avventura), tant le dosage et le refroidissement étaient délicats. Il est surmonté d'une flamme en verre incolore torsadé, une signature du savoir-faire des maîtres verriers vénitiens qui aiment jouer avec les formes organiques et éthérées. Le flacon repose sur un piédouche godronné, typique du répertoire décoratif baroque et néoclassique. Le flacon est posé sur une surface recouverte de feuilles d'or. Ce flacon rouge flamboyant symbolise la passion et la richesse des matières premières importées d'Orient. Il illustre la transition entre l'objet utilitaire de l'apothicaire et l'objet d'art absolu destiné aux coiffeuses des dames de la haute noblesse vénitienne
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"Trionfo da tavola", miniature en verre de Murano des maîtres verriers vénitiens du XVIIIe siècle, destiné à la décoration des tables de banquet lors des grandes réceptions. Une fontaine monumentale à plusieurs étages, réalisée en verre transparent, surmontée d'un jet d'eau stylisé par des fils de verre fins occupe le centre. Tout autour, on trouve des balustrades incurvées, des piliers surmontés de globes et des colonnettes d'une finesse extrême. De petits vases en verre opalin blanc contiennent des fleurs et des arbres miniatures (agrumes, fleurs colorées) façonnés avec une précision incroyable. La base est recouverte de grains de verre bleu et vert imitant la pelouse et les sentiers de gravier. Le trionfo servait à impressionner les invités : Sa fragilité extrême et son coût exorbitant étaient une démonstration directe de la richesse de l'hôte. Cette pièce se trouve dans la section consacrée aux arts de la table et au luxe privé
Un Centre de Ressources et de Culture
Le Palazzo Mocenigo dépasse sa fonction de simple lieu d'exposition pour devenir un véritable pôle culturel multidisciplinaire : La Casa del Cinema, une salle de projection et un espace de consultation de la cinémathèque ; la Bibliothèque Spécialisée, située au premier étage, elle constitue une référence mondiale pour l'étude de l'histoire du costume, de la mode et du textile et au rez-de-chaussée (Espaces Modernes), le Laboratoire de Parfums. On note aussi l'existence de la salle multimédia et la White Room (espace dédié aux expositions temporaires et aux événements culturels).
En bref…
Il s’agit d’un des sites majeurs à visiter lors d’un passage à Venise. Ici, l’attention est centrée sur la période qui a donné à la ville sa réputation de ville d’art et de luxe. Au moment de ma visite, une exposition de kimonos ponctuait l'exposition permanente du musée. Les photos de cet article ont été prise au mois d’avril 2026. L'aide de Gemini a permis l'indentification précise de certains artefacts. Le centre historique de Venise est classé au patrimoine mondial par l'UNESCO.
Carte satellite de Venise situant le musée Palazzo Mocenigo (source Google)
Accès
- A pied, bien sûr ! par le dédale des petites rues du quartier. L’entrée se trouve au 1995 de la Salizada San Stae. Une station de vaporetto appelée San Stae (n°1), située sur le Grand Canal se trouve au bout de la rue, à 150 mètres face à l’Église San Stae.
Heurtoir de porte en bronze en forme de lion de style Baroque, hommage à Saint-Marc, détail emblématique de l'entrée du Palazzo Mocenigo