dimanche 17 mai 2026

PHOTOs en vrac - Anciennes douanes vénitiennes

 

La Punta della Dogana et la Basilique Santa Maria della Salute, Dorsoduro, Venise, Italie


FRANCE - Normandie - Index des articles

FRANCE - Normandie
Index des articles
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La Normandie est une nouvelle région administrative née en janvier 2017 de la fusion des anciennes régions de Basse-Normandie et de Haute-Normandie. Sa préfecture est Rouen (76), mais son conseil régional siège à Caen (14). Elle est limitée au Nord et à l'Ouest par la Manche (mer), au Sud-est par la Bretagne (35), au Sud par les Pays de la Loire (53 et 72), au Sud-est par le Centre-Val de Loire (28), et à l'Est par l'Île-de-France (78 et 95) et les Hauts-de-France (60 et 80). 


Basse-Normandie

Calvados (14)


- Phare de Gatteville (janvier 2021)



Haute-Normandie
Seine-Maritime (76)




  L'abbaye du Mont Saint-Michel et sa baie, la ville du Havre (reconstruction par Auguste Perret) sont classées au patrimoine mondial par l'UNESCO.




Carte satellite de la nouvelle région Normandie (source Google)



La falaise d'aval et son arche à Étretat, Seine-Maritime (76), Haute-Normandie


FRANCE - Normandie - La cathédrale de Coutances - Partie 2 sur 2 - L'intérieur

La cathédrale de COUTANCES - Partie 2 sur 2 - L'intérieur

Phare épiscopal du Cotentin****


La cathédrale Notre-Dame de Coutances trône au sein de la ville sur un point surélevé. Visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, elle a longtemps servi de repère aux marins s'aventurant dans les eaux de la Manche. Pour en découvrir l'histoire et les extérieurs, cliquez ici SVP !


La Nef et les Chapelles Latérales

Longue de 38,70 mètres, pour une longueur totale intérieure de 87 m, la nef saisit immédiatement par son élégante austérité et sa hauteur sous clé de voûte de 29,40 mètres. Contrairement à l'architecture gothique d'Île-de-France, qui privilégie les grandes surfaces vitrées dès le premier niveau, l'école normande met en avant une structure murale plus épaisse.

L’élévation de la nef s'organise sur trois niveaux :

Les grandes arcades qui reposent sur de puissants piliers composites. Sous l'habillage des colonnettes gothiques se cachent les massifs piliers de l'ancienne nef romane du XIe siècle.

Le faux triforium, établi au-dessus des grandes arcades, composé de baies géminées d'une grande pureté, soulignées de moulures prononcées. Ce niveau ne donne pas sur une galerie de circulation ouverte sur l'extérieur, mais ouvre directement sur les combles des bas-côtés.

Les fenêtres hautes, formées de lancettes simples, et qui laissent filtrer une lumière sobre, mettant en valeur la blancheur de la pierre à chaux locale.

Les voûtes d'ogives quadripartites reposent sur des faisceaux de colonnettes d'une grande finesse qui descendent d'un seul jet jusqu'au sol, accentuant l'impression d'élancement vertical. Ajoutées entre les contreforts de la nef à la fin du XIIIe siècle pour le côté Nord (vers 1270) et au début du XIVe siècle pour le côté Sud (1290–1310), les chapelles latérales modifient la perception de l’espace intérieur. La grande innovation, ici, réside dans les murs de séparation de ces chapelles. Au lieu de parois pleines et aveugles, les architectes ont conçu des cloisons ajourées d'arcades d'une impressionnante légèreté, qui s'élèvent au-dessus d'un muret d'appui de trois mètres de haut. Cette disposition crée des perspectives longitudinales secondaires. Lorsque l'on se tient dans les bas-côtés, le regard traverse une enfilade de réseaux de pierre et de vitraux, brisant la monotonie des murs traditionnels et inondant la nef d'une lumière latérale diffuse et tamisée.


L'élévation de la nef

La nef et les grandes orgues, vues de la croisée du transept

Le chœur et les voûtes s'ouvrant sur le collatéral Sud

Lumière dorée d'hiver inondant la nef

Le plafond de la nef au pied des grandes orgues

Le buffet d'orgue suspendu au revers de la façade occidentale

Le bas-côté Sud

Chapelle du bas-côté Sud

On y distingue très bien l'autel de pierre surmonté d'une fine croix sculptée dans la chapelle latérale. Le bas du mur est décoré d'une élégante suite d'arcatures gothiques aveugles, surmontée d'une frise de trèfles sculptés, typique du style gothique rayonnant de la région

L'élévation de la nef vue du bas-côté Sud

Les cloisons ajourées des chapelles de la nef

Les fonts baptismaux à gauche de la nef

La croisée du transept et la tour lanterne

Au point d'intersection entre la nef et le transept s'élève la composante la plus spectaculaire de l'intérieur de la cathédrale : la tour lanterne, souvent qualifiée de chef-d'œuvre de l'architecture normande. Devant cette audace technique l'ingénieur militaire Vauban se serait écrié : « Quel est donc le fou sublime qui a jeté cette superbe masse dans les airs ? »

Portée par quatre énormes piliers d'angle (qui enveloppent eux aussi un noyau roman), la tour s'ouvre entièrement sur l'intérieur de l'église, s'élevant à une hauteur vertigineuse de 40,85 mètres sous voûte. Le passage du plan carré de la croisée au plan octogonal de la tour s'effectue de manière presque invisible grâce à un système complexe de trompes et de pendentifs.

L'intérieur de la tour lanterne s'articule sur deux niveaux d'arcatures superposés :

1. Le niveau inférieur : Une galerie de circulation (un triforium) percée de baies jumelles à deux lancettes ajourées.

2. Le niveau supérieur : Une couronne de seize lancettes vitrées qui captent la lumière du jour à grande hauteur et la projettent directement au centre de l'édifice.

La voûte haute en stéréotomie se compose de seize nervures qui convergent vers un cercle central (l'oculus), par lequel passaient autrefois les cordes des cloches. Ce puits de lumière vertical crée un contraste saisissant avec la relative pénombre de la nef et du chœur, symbolisant la descente de l'esprit divin au centre du sanctuaire.

Les bras Nord et Sud du transept participent à ce grand déploiement d'espace. Leurs extrémités ne sont pas aveugles mais s'ouvrent sur d'immenses verrières composées de trois grandes baies élancées.

Le transept Nord dessert un appendice à deux étages abritant la sacristie au rez-de-chaussée et l'ancienne salle capitulaire à l'étage (qui conserve un pavage de briques émaillées du Moyen Âge).

Le transept Sud abrite en rez-de-chaussée la chapelle Saint-Jean, ainsi qu'un accès aux escaliers de tourelles permettant d'accéder aux galeries hautes de la tour lanterne.


L'élévation de la croisée du transept

La croisée avec le croisillon Nord du transept vu du croisillon Sud




Quatre vues de l'élévation de la tour lanterne à la croisée du transept

Le croisillon Sud du transept vu du croisillon Nord

L'intérieur du croisillon sud du transept : Chapelle du Puits (ou chapelle de l'Immaculée Conception). On y voit le retable de style classique/baroque en pierre et marbre blanc, surmonté d'une statue de la Vierge à l'Enfant abritée sous l'imposante arcade gothique

Vue d'ensemble de la Chapelle et son puits médiéval du XIe siècle visible au premier plan à droite. Déjà présent dans la cathédrale romane primitive, il a été préservé au cœur de l'édifice gothique actuel. La margelle en pierre et sa structure en ferronnerie d'art ont été restituées au début du XXe siècle

Ce triptyque de vitraux situé dans le bras Nord du transept est la grande verrière du Jugement Dernier, datant principalement du XVIe siècle (vers 1550). Au centre, le Christ en majesté, vêtu d'un manteau rouge, surmonte les apôtres et les saints. Tout en bas, l'archange Saint Michel pèse les âmes. À gauche, la résurrection des corps et le cortège des bienheureux accueillis par la Vierge Marie vers le Paradis. À droite, la séparation des damnés, précipités par des démons hideux dans la gueule de l'Enfer



Le Chœur, le Double Déambulatoire et la Circata

Plus étroit que la nef, le chœur témoigne du raffinement ultime du style gothique normand. Il est délimité par des piliers aux profils complexes, flanqués de colonnettes engagées aux chapiteaux sculptés de feuillages stylisés d'une grande souplesse. L'élévation du chœur reprend celle de la nef mais gagne en élancement. Les colonnettes soutenant la voûte semblent encore plus sveltes, créant un effet d'optique qui accentue la profondeur de l'abside. Le maître-autel, reconstruit et modifié au fil des siècles, occupe le centre de cette perspective.

Le chœur est ceint d'un double déambulatoire, une configuration rare en Normandie qui rappelle les grandes cathédrales de pèlerinage. Les deux galeries concentriques sont de hauteurs inégales (la galerie intérieure étant plus haute que la galerie extérieure), séparées par une série de douze colonnes monolithiques d'une incroyable légèreté. Cette différence de niveau permet d'étager les voûtes d'ogives et de multiplier les angles de vue. En se déplaçant dans le déambulatoire, les piliers s'entrecroisent et se séparent au gré des pas, offrant un jeu de perspectives mouvantes.

À l'extrémité orientale du double déambulatoire, dans l'axe de la cathédrale, s'ouvre la chapelle axiale appelée la Circata. Construite plus tardivement, entre 1350 et 1375, elle fait office de chapelle de la ViergeDe forme polygonale, elle rompt avec la légèreté du reste de l'édifice par des maçonneries intérieures plus denses, des trumeaux larges et des contreforts intérieurs massifs. Elle s’ouvre par six baies gothiques élancées et offre un espace de recueillement autonome, baigné d'une lumière sereine qui clôt le parcours architectural de la cathédrale.


Le chœur


Le maitre-autel au sein du chœur (2 vues ci-dessus)

Le double déambulatoire

Le plafond et les voûtes du chœur

Le maitre-autel

Les fresques de la Chapelle de Jean Chiffrevast (fondée en 1384), première chapelle du déambulatoire Sud. Le décor s'organise en trois registres distincts. En haut (tympan), Trône de Grâce (représentation de la Sainte Trinité avec Dieu le Père soutenant la croix, entouré d'anges thuriféraires). Au milieu, l'Annonciation à gauche, et Saint Michel terrassant le dragon (le diable) à droite sous les arcs. En bas, Le donateur Jean de Chiffrevast (gouverneur de Valognes) et son épouse Marguerite de la Houssaye, agenouillés et présentés à la Vierge par leurs saints patrons (dont saint Jean-Baptiste)

Vitrail de la Vie de Saint Marcouf (ou Saint Marcoul),  dans le déambulatoire Nord (Baie 09), surplombant l'autel de la chapelle correspondante. Réalisé au XIIIe siècle (vers 1225-1230), avec d'importantes restaurations et compléments effectués au XIXe siècle (en 1862). Style Gothique rayonnant, caractérisé par ses médaillons narratifs aux fonds intensément colorés de bleu et de rouge, rappelant le savoir-faire des maîtres verriers de Chartres. L'histoire se lit de bas en haut et de gauche à droite, elle illustre la vie et les miracles de Saint Marcouf, grand évangélisateur du Cotentin au VIe siècle et fondateur du monastère de Nantus

Chapelle Saint-Jean-Baptiste du côté Nord du déambulatoire, voisine de la grande chapelle de la Vierge. À droite de l'autel, fixée sur le pilier, s'élève une statue en bois de Saint Jean-Baptiste, reconnaissable à la longue croix fine qu'il tient dans sa main. Le vitrail central (Baie 05) : œuvre majeure du maître verrier Édouard Didron (de 1883), illustre plusieurs épisodes de la vie du précurseur (la prédication dans le désert, le baptême du Christ dans le Jourdain et sa décollation)


Deux vues de la Chapelle de la Vierge ou Circata, située dans l'axe parfait de la nef et du chœur, à la pointe orientale du monument, c'est la plus grande et la plus somptueuse des chapelles du chevet. Elle date de la seconde moitié du XIIIe siècle. Elle se distingue par ses colonnettes peintes de motifs géométriques et torsadés (vifs décors polychromes restaurés au XIXe siècle). On y voit des dalles funéraires gravées au sol, des stalles en bois sur les côtés et une statue de la Vierge à l'Enfant surmontant un autel néo-gothique finement sculpté


La Chapelle Saint-Étienne, chapelle rayonnante du déambulatoire Nord. L'inscription lapidaire à la base du vitrail central, juste derrière la croix d'autel, on distingue une inscription gravée dans la pierre : ALTARE IN HONOREM S. STEPHANI (Autel en l'honneur de Saint Étienne). Le vitrail (Baie 06) : Également exécuté à la fin du XIXe siècle (1885), narre le récit des Actes des Apôtres dédié à Saint Étienne, le premier martyr de la chrétienté (notamment sa prédication et sa lapidation). La base de l'autel de pierre est marqué d'une grande croix de consécration rouge entourée de quatre petites croix aux extrémités, symbolisant les cinq plaies du Christ

Statue de Saint Michel terrassant le dragon (l'archange Michel en armure de broigne ou de mailles, brandissant son épée flamboyante au-dessus du démon vaincu). Elle est adossée à un pilier dans le bras nord du transept, juste à côté de l'accès aux tribunes et à la tour lanterne. Il s'agit d'une œuvre moderne en argent repoussé (ou métal argenté), ce qui lui donne cet éclat métallique très vif et poli qui tranche avec la pierre blonde du sassement médiéval en arrière-plan. L'archange est le saint patron de la Normandie


En bref...
L'intérieur de la cathédrale de Coutances ne déçoit pas le visiteur grâce à la richesse de ses vitraux et son architecture impressionnante, de sa tour lanterne en particulier. Une cathédrale pas assez connue qui n'a rien à envier à ses homologues de Picardie. Les photos de cet article ont été prises fin décembre 2016.


Carte satellite situant Coutances dans le département de la Manche (source Google)

Accès
- Du parking du Mont Saint-Michel comptez environ 1h10 pour faire les 78 km de trajet.
- De Rennes (35) comptez environ 1h30 pour parcourir les 135 km de trajet.


Crèche installée dans la cathédrale en décembre 2016


Pour aller plus loin, voici le lien vers une belle vidéo de 5 min 25 sur les vitraux de la cathédrale, veuillez cliquer ici SVP !


jeudi 14 mai 2026

FRANCE - Normandie - La cathédrale de Coutances - Partie 1 sur 2 - Les extérieurs

La cathédrale de COUTANCES - Partie 1 sur 2 - Les extérieurs

Phare épiscopal du Cotentin****


La cathédrale Notre-Dame de Coutances trône au sein de la ville sur un point surélevé. Visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, elle a longtemps servi de repère aux marins s'aventurant dans les eaux de la Manche.


La façade de la cathédrale en décembre 2016 


Un peu d’histoire

L'implantation chrétienne à Coutances remonte au Ve siècle. Selon la tradition, c'est Saint Éreptiole qui aurait érigé une première église sur les ruines d'un temple païen (probablement dédié à Jupiter) au sommet de la colline. En 866, les Vikings déferlent sur le Cotentin. La ville est ravagée, et la première cathédrale primitive est anéantie. Pendant plus d'un siècle, le siège épiscopal est délaissé, les évêques de Coutances s'exilant à Rouen puis à Saint-Lô pour fuir l'insécurité des côtes. Le renouveau arrive avec la stabilisation du Duché de Normandie. En 1048, Geoffroy de Montbray est nommé évêque. C’est un homme d’État, un guerrier et un bâtisseur de génie. Pour financer son projet de cathédrale romane, il ne se contente pas des revenus de son diocèse mais voyage jusqu'en Italie du Sud et en Sicile pour solliciter les fils de Tancrède de Hauteville, des nobles normands devenus rois et ducs en Méditerranée. Chargé d'or et de pierres précieuses, il lance le chantier. En 1056 la cathédrale romane est consacrée en présence de Guillaume le Conquérant. Elle possède déjà ses deux tours de façade et une grande tour centrale, préfigurant la silhouette actuelle.

L'évêque Hugues de Morville (vers 1160 - 26 décembre 1238)  souhaite moderniser l'édifice, mais il fait face à un défi : les ressources sont limitées et la structure de Montbray est encore solide. Il lance alors un chantier audacieux : le chemisage. Plutôt que de détruire l'église romane, les ouvriers l'enveloppent. Ils doublent les murs par l'extérieur, taillent les piliers romans pour les transformer en colonnes gothiques élancées, ils surélèvent les voûtes pour atteindre des hauteurs vertigineuses. Vers 1210-1230, la nef et le transept sont achevés. C’est à cette époque que s’élève la célèbre tour lanterne, prouesse technique qui consiste à vider la tour centrale de son poids pour laisser passer la lumière, créant un "puits de ciel" au centre. Sous l'épiscopat de Sylvestre de la Cervelle (XIVe siècle), le chœur est agrandi avec un double déambulatoire et des chapelles rayonnantes. La cathédrale atteint sa forme quasi définitive.

Mais la Guerre de Cent Ans vient assombrir le tableau. Coutances est un point stratégique. La cathédrale est transformée en forteresse : des chemins de ronde sont ajoutés (visibles encore aujourd'hui sur les galeries hautes) pour permettre aux défenseurs de surveiller les alentours. Malgré les sièges successifs, l'édifice subit peu de dommages structurels. Le 12 juin 1562, la cathédrale connaît l'une de ses journées les plus sombres. Les troupes protestantes commandées par le capitaine Gabriel Ier de Montgomery s'emparent de la ville. Ils pillent le trésor accumulé depuis des siècles. Ils brisent les statues des portails, jugées idolâtres. Ils détruisent les grandes orgues et brûlent une partie des archives. Le monument est sauvé de la destruction totale, mais il perd une grande partie de sa décoration médiévale

À la Révolution française, en 1793, la cathédrale est désaffectée. Pour éviter qu'elle ne soit vendue comme carrière de pierres (le sort de Cluny), elle est convertie en Temple de la Raison. On y organise des fêtes civiques et des spectacles, ce qui préserve les murs. Le XIXe siècle est celui des grandes restaurations. Des architectes comme Alphonse de Neuville consolident les tours et restaurent les vitraux. L'été 1944, lors de l'Opération Cobra pour la libération de la Normandie, les bombardiers alliés pilonnent Coutances pour couper la retraite allemande. Le centre-ville est pulvérisé, transformé en un tas de gravats fumants. Miraculeusement, la cathédrale reste debout, émergeant seule au milieu des ruines. Si quelques vitraux ont explosé sous le souffle des bombes, la structure est restée intacte, consolidant son statut d'icône du Cotentin.


La Façade Occidentale

La cathédrale s'impose par une façade d’une verticalité vertigineuse. Contrairement aux façades massives du gothique d’Île-de-France, cette cathédrale privilégie la finesse et l’élancement. Les tours jumelles : Hautes de près de 77 mètres, elles conservent une base romane du XIe siècle, habilement "chemisée" par les architectes gothiques du XIIIe siècle. Leur structure polygonale complexe, des tourelles d’angle aux flèches acérées encadrent le corps principal, créent un jeu de lignes verticales qui semblent ne jamais s’arrêter. Les baies étroites et les arcatures aveugles renforcent cette impression de légèreté. Le portail central, bien que restauré, s’intègre dans une structure tripartite classique. Au-dessus, une grande fenêtre ogivale, surmontée d'une galerie de circulation sculptée, laisse deviner la clarté intérieure. L'absence de statuaire exubérante (comparée à Reims ou Chartres) est compensée par la pureté des lignes géométriques simples et la qualité de la taille du calcaire.


Partie supérieure de la façade occidentale

Les tours jumelles vues de du Nord

Les tours jumelles vues de du Nord

La tour lanterne

S’il est un élément qui définit cet édifice, c’est sa tour lanterne, située à la croisée du transept. Vauban lui-même l’admirait, la qualifiant de monument le plus audacieux qu’il ait vu. Extérieurement, cette tour octogonale est un chef-d’œuvre architectural. Elle s’élève bien au-dessus des toits de la nef, percée de hautes fenêtres étroites qui permettent à la lumière de plonger directement au cœur de l'édifice. Elle est flanquée de quatre tourelles d'escalier finement décorées qui assurent la transition visuelle entre le carré de la base et l'octogone du sommet. Elle sert de phare terrestre visible à des kilomètres à la ronde, signalant la cité épiscopale aux marins de la Manche.


La tour lanterne vu du Nord-ouest


Les Élévations Latérales et le Système d’Arcs-Boutants

En contournant l’édifice vers le Sud ou le Nord, on découvre la complexité de son architecture de soutien. L’équilibre des arcs-boutants : Pour maintenir la nef principale à une telle hauteur, les architectes ont déployé une série d’arcs-boutants à double volée. Leur particularité réside dans leur finesse extrême. Ils ne semblent pas "peser" sur l'édifice mais plutôt le stabiliser avec élégance. Les galeries et les chéneaux : les extérieurs sont rythmés par des galeries de circulation extérieures, protégées par des balustrades sculptées. Les gargouilles, souvent grimaçantes, ponctuent les lignes de fuite, assurant l'évacuation des eaux de pluie tout en ajoutant une touche de fantastique médiéval à la rigueur de l'ensemble.


Le Chevet

Il est sans doute l'une des parties les plus remarquables. Contrairement à beaucoup de cathédrales où le chevet semble massif, celui-ci est d'une grande fluidité. Les chapelles s'étagent en gradins, créant une pyramide de pierre qui culmine vers le chœur. Les fenêtres y sont larges, séparées par des contreforts fins terminés par des pinacles. Il s'est dégage une incroyable unité de l'ensemble. Le calcaire local légèrement gris ou ocre selon la lumière confère à l'édifice une homogénéité parfaite. La texture de la pierre accroche les ombres portées, révélant la profondeur des moulures et la précision des chapiteaux extérieurs.




Trois différents angles de vues du chevet

En bref...

Les extérieurs de la cathédrale de Coutances sont l’expression d’un idéal architectural normand qui privilégie la structure à l'ornement pur. Entre la puissance romane de ses fondations et l'élégance du gothique rayonnant de ses sommets, c'est une "montagne de pierre" sculptée avec une précision d'orfèvre. Les photos de cet article ont été prises fin décembre 2016.


Carte satellite situant Coutances dans le département de la Manche (source Google)


Accès

- Du parking du Mont Saint-Michel comptez environ 1h10 pour faire les 78 km de trajet.

- De Rennes (35) comptez environ 1h30 pour parcourir les 135 km de trajet.


Eglise Saint-Nicolas située quelques centaines de mètres au Nord de la cathédrale

La place du Parvis Notre-Dame

Dernier coup d'œil sur la façade


Pour découvrir l'intérieur de la cathédrale, veuillez cliquer ici SVP !