mercredi 30 décembre 2020
lundi 28 décembre 2020
PHOTOs en vrac - Saut tropical
dimanche 27 décembre 2020
FRANCE - Normandie - L’abbaye Saint-Georges de Boscherville (2/2)
L’abbaye Saint-Georges de Boscherville - Partie 2 sur 2
Saint Georges à Saint-Martin***
Il s’agit d’une ancienne abbaye située dans la commune (presque éponyme !) de Saint-Martin-de-Boscherville, dans le département de la Seine-Maritime (76) en Normandie, à l’Ouest de Rouen dans une boucle de la Seine. Pour découvrir la première partie qui lui est consacrée, veuillez cliquer ici SVP !
Les jardins
Le cimetière des moines occupait jusqu’au XIVe siècle l’espace situé au-delà du chevet de l’abbatiale. Les mauristes aménagent des jardins dès 1680 selon un plan à la française. On distingue trois terrasses séparées par des murs de soutènement. Une allée centrale conduit à un escalier, un pavillon, une rotonde et un bassin. Des cadrans solaires de l’époque mauriste sont encore visibles au pied de l’escalier. Poursuivons la visite des jardins entamée dans la première partie...
La chapelle des Chambellans
Située au Nord-ouest du site, elle date de l’époque des sires de Tancarville et servait au cours de leurs séjours dans l’abbaye. Une partie du logis seigneurial est encore visible à l’Ouest de la chapelle elle-même. Une ancienne salle de réception de 30 mètres de long a été identifiée. La chapelle date de la fin du XIIIe siècle. Une tribune reliait le logis à la chapelle permettant d’assister aux offices. Une maquette installée dans la chapelle montre l’aspect des lieux avant la fin du XVIIe siècle. Le logis, après la disparition des Tancarville, est récupéré par l’abbé comandataire.
Les bâtiments conventuels
Massivement reconstruit par les Mauristes à partir de 1690, étant donné le mauvais état des anciennes bâtisses, il présente une forme de T et prolonge la salle capitulaire. Le réfectoire et les cuisines occupaient le rez-de-chaussée ; la bibliothèque et l’hôtellerie, le premier étage. Il n’en subsiste, en raison de son démantèlement, que cinq travées sur deux niveaux. Le deuxième étage, actuellement disparu, hébergeait les cellules des moines et l’infirmerie.
L’abbatiale Saint-Georges
De style roman normand homogène du début du XIIe siècle et de plan classique cruciforme. Deux clochers ornent la façade occidentale. Elle s'étend sur 70 mètres de longueur pour une largeur au transept de 35 mètres. Des trous de boulins matérialisent encore les emplacements des pièces d’échafaudage montés à la construction de l’édifice. Elle impressionne par sa luminosité due à de larges baies fenêtrées ainsi qu’à la présence d’une haute tour-lanterne à la croisée du transept. La sacristie constitue un ajout du XVIIe siècle. Le chevet semi-circulaire de l’église s’élève sur trois niveaux. L’inférieur à arcatures aveugles possède des chapiteaux sculptés dont celui dit du « monnayeur » fait, sans doute, référence à Saint Éloi (patron des orfèvres). La nef, longue de 38 mètres et large de 10, possède 8 travées. Sa décoration sobre s’enrichit néanmoins de modillons soutenant les corniches des toits. Les voûtes du chœur et des collatéraux conservent leur style roman sans nervure d'origine. Les voûtes en bois de la nef furent remplacées par des voûtes gothiques. Les chapelles des collatéraux sont à chevets plats. Le chœur débute en fait à la 7ème travée. Le triforium possède des arcades en plein-cintre.
En bref…
Saint-Georges se positionne comme l'une des abbayes majeures du secteur des boucles de la Seine. Moins impressionnante par son architecture que la romantique Jumièges (toute proche), ses jardins extrêmement bien entretenus possèdent un charme unique. Son abbatiale, en excellent état, s'érige en modèle d'architecture de la région. Le site a obtenu le label « Jardin remarquable » du Ministère de la culture. Les photos de cet article ont été prises en juin 2020.
Accès
-L’abbaye ne se trouve qu’à une dizaine de kilomètres et environ 15 minutes de route de Rouen par la D982.
L’accès à l’abbatiale est libre. Il faut s’acquitter d’un droit d’entrée pour les jardins et les bâtiments conventuels.
Tarifs 2020 : adulte 6€, réduit 4,50€ et gratuité pour un large public.
Pour s’informer des heures d’ouvertures très perturbées par la situation sanitaire actuelle, vous pouvez consulter le site officiel ici !
samedi 26 décembre 2020
FRANCE - Normandie - L’abbaye Saint-Georges de Boscherville (1/2)
L’abbaye Saint-Georges de Boscherville - Partie 1 sur 2
Saint Georges à Saint-Martin***
Il s’agit d’une ancienne abbaye située dans la commune (presque éponyme !) de Saint-Martin-de-Boscherville, dans le département de la Seine-Maritime (76) en Normandie, à l’Ouest de Rouen dans une boucle de la Seine.
L’abbatiale Saint-Georges
De style Roman normand homogène du début du XIIe siècle et de plan classique cruciforme, elle impressionne par sa luminosité due à de larges baies fenêtrées ainsi qu’à la présence d’une haute tour-lanterne à la croisée du transept. Sa décoration sobre s’enrichit néanmoins de modillons soutenant les corniches des toits. Des trous de boulins matérialisent encore les emplacements des pièces d’échafaudage montés à la construction de l’édifice. La sacristie constitue un ajout du XVIIe siècle. Le chevet semi-circulaire de l’église s’élève sur trois niveaux. L’inférieur à arcatures aveugles possède des chapiteaux sculptés dont celui dit du « monnayeur » fait, sans doute, référence à Saint Éloi (patron des orfèvres).
Un peu d’histoire
Une chapelle funéraire chrétienne du VIIe siècle, peut-être déjà dédiée à Saint Georges, occupe l’ancien emplacement d’un ancien temple des Ier et IIIe siècles. Seul un cimetière s’articule autour de cette chapelle jusqu’au XIe siècle. Vers 1055, Guillaume de Normandie dit le Conquérant offre à Raoul, son précepteur, le terrain de la future abbaye. Des chanoines y installent une communauté. Raoul fait agrandir l’édifice en ajoutant un chœur et un transept. Guillaume Ier de Tancarville, fils de Raoul, fonde l’abbaye Saint-Georges (S. Georgius de Balcherivilla) en 1113. Des moines bénédictins de Saint-Evroult-en-Ouche s’y installent et bâtissent l’abbatiale entre 1113 et 1140 puis les autres bâtiments conventuels en calcaire du val de Seine. L’abbaye prospère aux XIIIe et XIVe siècles. La Guerre de Cent Ans marque la fin de la période faste. Une nouvelle communauté, mauriste, prend les rênes de l’abbaye en 1659 sous l’impulsion de l’abbé Louis de Bassompierre. Ils entament l’aménagement des jardins vers 1680. Des tensions naissent de la cohabitation des ancienne et nouvelle communautés monacales. La Révolution française sonne le glas de l’abbaye en 1790 et les lieux sont confisqués aux sept moines qui y vivent encore. L’abbatiale devient église paroissiale après son rachat par la commune. Les bâtiments sont alors vendus à un industriel. Après sa faillite en 1822, les bâtiments sont démantelés, et la salle capitulaire rachetée par le département. Le site intègre une exploitation agricole active jusqu’en 1987. Il est ensuite progressivement réhabilité depuis plus de 20 ans afin de restituer le projet mauriste des jardins et des bâtiments conventuels.
La salle capitulaire
Construite à la fin des années 1170, son style marque la transition entre styles Roman et gothique. Elle se situe à l’Est de l’ancien cloître et accolée directement à la façade Nord de l’abbatiale. Rectangulaire, elle occupe un espace au sol de plus de 16 mètres sur plus de 7 de large avec une hauteur sous plafond d'environ 12 mètres. Des copies remplacent certains chapiteaux historiés endommagés (1992 d’après des dessins du XIXe siècle) alors que ceux du cloître, disparu, y sont exposés. Les statues-colonnes possèdent des rubans gravés rappelant la règle de Saint Benoît. La statuaire ne serait pas uniquement d'origine normande.
Les jardins
Le cimetière des moines occupait jusqu’au XIVe siècle l’espace situé au-delà du chevet de l’abbatiale. Les mauristes aménagent des jardins dès 1680 selon un plan à la française. Ces jardins font l'objet d'un réaménagement continu depuis environ une vingtaine d'années, en s'inspirant du projet initial des Mauristes. On distingue quatre terrasses s'échelonnant sur le coteau et séparées par des murs de soutènement, ce qui dénote une influence italienne. Une allée centrale conduit à un escalier, un pavillon, une rotonde et un bassin. Des cadrans solaires de l’époque mauriste sont encore visibles au pied de l’escalier. Le Pavillon des Vents domine l'allée centrale depuis la plus haute terrasse. Les parties inférieures comprennent des plates-bandes carrées dédiées au potager et aux herbes médicinales, selon l'organisation d'un jardin médiéval. Des verges bordent le tout en allant vers l'extérieur. Des jardins d'agréments occupent les terrasses supérieures.
En bref…
Saint-Georges se positionne comme l'une des abbayes majeures du secteur des boucles de la Seine. Moins impressionnante par son architecture que la romantique Jumièges (toute proche), ses jardins extrêmement bien entretenus possèdent un charme unique. Son abbatiale, en excellent état, s'érige en modèle d'architecture de la région. Le site a obtenu le label « Jardin remarquable » du Ministère de la culture. Les photos de cet article ont été prises en juin 2020.
Accès
-L’abbaye n’est qu’à une dizaine de kilomètres et environ 15 minutes de route de Rouen par la D982.
L’accès à l’abbatiale est libre. Il faut s’acquitter d’un droit d’entrée pour les jardins et les bâtiments conventuels.
Tarifs 2020 : adulte 6€, réduit 4,50€ et gratuité pour un large public.
Pour s’informer des heures d’ouvertures très perturbées par la situation sanitaire actuelle, vous pouvez consulter le site officiel ici !

