mercredi 16 avril 2025

ITALIE - Toscane - L'Arno à Florence

L'Arno à FLORENCE

Et le Ponte Vecchio *****


L’Arno

Il s'agit d'un fleuve d’Italie, long de 241 km, qui traverse la Toscane en passant, en particulier, par Florence et Pise pour se jeter dans la mer Tyrrhénienne, à l'Ouest.

L'Oltrarnoc'est-à-dire « Outre-Arno », est la rive gauche du fleuve qui passe à Florence. L'Oltrarno possède des monuments, des jardins, des musées : le palais Pitti et le jardin de Boboli, l'église de Santo Spirito, des boutiques d'artisans et des restaurants.

Le Lungarnolittéralement « le long de l'Arno », est constitué de l'ensemble des quartiers bordant le fleuve sur la rive droite. Les Lungarni sont les quais qui bordent le centre historique de Florence le long du fleuve. Les quais ont été restructurés au XIXe siècle, au détriment de quelques structures anciennes. Chaque quai est caractérisé par un édifice et en porte souvent le nom.

Je présente ici des vues de l'Arno et de ses ponts prises uniquement dans le centre historique de la ville. D'amont en aval et d'Est en Ouest on trouve...


Ponte di San Niccolò

Le premier pont, dédié à San Fernando, a été construit entre 1836 et 1837 par la société Séguin en tant que pont suspendu. Reconstruit sous son nom actuel en 1890 pour permettre le passage du tramway, il a ensuite été fermé en 1939. Un pont temporaire, construit en 1944 par les Alliés, a finalement été démantelé pour la construction du pont actuel, bâti en 1949 sur les plans de l'ingénieur Riccardo Morandi.


Ponte alle Grazie

Troisième pont construit à Florence, il a été érigé en 1237 entièrement en pierre, avec neuf arches. Au-dessus des piliers apparaissaient, dès la fin du XIIIe siècle de nombreuses chapelles, remises et magasins, dont une avec une Vierge appelée Santa Maria alle Grazie (fin XIIIe - début XIVe siècle), d'où le pont tire son nom actuel. Les bâtiments qui s'y trouvaient ont été démolis en 1876 pour permettre au tramway de passer. Détruit par les Allemands en 1944, l'année suivante, un concours d'architecture de reconstruction a été lancé. Il est achevé en 1957.


Le Lungarno Serristori vu depuis le Lungaro delle Grazie

La partie orientale de l'Arno avec, tout au fond, le Ponte S. Niccolò

Pied de lampadaire sur les rives du fleuve

L'Est de l'Arno vu depuis le Ponte Vecchio avec, à gauche, le Corridoio Vasariano et le Palais des Offices; Au loin, le Ponte delle Grazie

 

Le Ponte Vecchio

Ce pont est l'un des symboles de la ville de Florence et traverse le fleuve Arno à son point le plus étroit. La première construction remonte à l'époque romaine, mais elle a été endommagée à plusieurs reprises par les crues : après le très violent débordement de 1333, il est reconstruit en 1345 par Taddeo Gaddi et Neri Fioravanti, avec trois arches et son passage flanqué de deux rangées d'ateliers artisanaux. C'est le seul pont de Florence qui n'a pas été détruit par les Allemands lors de la retraite de 1944.



Deux vues du Ponte Vecchio depuis l'Est

Le Ponte Vecchio vu de l'Est depuis le Lungarno Torregiani

Côté oriental du pont



Trois vues du côté occidental du pont



Trois vues du côté oriental


Deux vues du côté occidental depuis le quartier Borgo San Iacopo


Le côté occidental du Ponte Vecchio en fin de journée


Le Ponte Santa Trinita

Il tire son nom de l'église de Santa Trinita. Le premier pont en bois, financé par le noble Lamberto Frescobaldi, remonte à 1252. Effondré en 1259, il est remplacé par un pont de pierre, submergé par la crue de 1333. Sa reconstruction dure de 1346 à 1415, mais une crue détruit à nouveau le pont en 1557. Bartolomeo Ammannati est chargé par Cosimo Ier de le reconstruire avec un projet auquel aurait participé Michel-Ange. L'innovation structurelle en est la ligne caractéristique de l'arche (appelée poignée de paniers dans les documents d'époque), innovation stylistique. Les travaux commencés en 1567 sont achevés en 1571. Aux extrémités sont placées, en 1608, les statues des Quatre Saisons, à l'occasion du mariage de Cosme II avec Madeleine d'Autriche. Après la destruction due à la retraite allemande de 1944, il est reconstruit entre 1955 et 1958 sur un projet de R. Gizdulich et de l'ingénieur Brizzi, qui réalisent une copie fidèle du pont détruit. Ce n'est qu'en 1961 que la tête de la statue du Printemps, maintenant replacée, est récupérée après sa chute au fond du fleuve.



Le Lungarno Torrigiani (rive gauche) vu depuis le Lungaro Generale Diaz

Les façades du Borgo San Iacopo surplombant le fleuve

Le Ponte Santa Trinita vu du Borgo San Iacopo surplombant le fleuve


Deux vues du Ponte Santa Trinita depuis le Ponte Vecchio

Le Ponte Santa Trinita et le Lungarno degli Acciaiuoli et fin de journée

Le Lungarno degli Acciaiuoli


En bref...

L'Arno est sans aucun doute le cœur coulant de Florence, cœur battant de la culture italienne. Il sépare la capitale toscane en deux rives ayant chacune sa personnalité. Les rives de l'Arno se hissent, probablement, parmi le palmarès des plus belles rives urbaines du monde. Les photos de cet article ont été prises au printemps 2018. Le centre de Florence et les rives de l'Arno sont classés au patrimoine mondial par l'UNESCO.


Vue satellite du centre de Florence traversée par l'Arno (source Google)

Accès

Les rives de l'Arno sont facilement accessibles à pied depuis le centre historique de la ville de Florence. Elles desservent les principaux monuments historiques de la ville, dont le célèbre musée de la Galerie des Offices. Le Ponte Vecchio se vide progressivement de ses touristes en soirée et devient, alors, praticable...


Soleil couchant sur l'Arno

Le soir, à l'Est du Ponte Vecchio

Le Corridoio Vasariano, le soir

Le Ponte Santa Trinita après le coucher du soleil

La nuit est tombée sur le Ponte alla Carraia, situé à l'Est du Ponte Santa Trinita

Le Ponte Santa Trinita vu depuis la rive droite

La nuit, les berges éclairées du Borgo San Iacopo

Le Borgo San Iacopo et le Ponte Santa Trinita, la nuit depuis le Ponte Vecchio

La nuit, du côté des Offices


Clair de lune sur le Ponte alle Grazie (deux vues ci-dessus)

Sur le Ponte Vecchio

A l'Ouest du pont

Ponte Vecchio et Borgo San Iacopo

Le Ponte Vecchio vu du Ponte Santa Trinita

Le côté oriental du Ponte Vecchio, le soir

Gros plan sur le Ponte Vecchio, en soirée


dimanche 13 avril 2025

FRANCE - Île-de-France - L'abbaye de Royaumont - Partie 2 sur 2 - Cloître et intérieurs

L'Abbaye de ROYAUMONT - Partie 2 sur 2 - Cloître et intérieurs

Fondée par Saint-Louis ****


Pour découvrir la première partie et le parc, veuillez cliquer sur ce lien !

Bien que frontalière du département de l’Oise (60), l’abbaye se trouve sur la commune d’Asnières-sur-Oise dans le Val-d’Oise (95) en Île-de-France. La construction de l’ensemble abbatial cistercien a été ordonnée par Saint Louis (le roi Louis IX). Son église fut achevée et consacrée en 1235. C’est donc une abbaye royale, comme son nom le laisse deviner. Elle connue son apogée à la fin du XIIIe et début du XIVe siècle, en particulier après la canonisation de Louis IX (Saint Louis) en 1297. Elle souffre ensuite du déroulement de la Guerre de Cent Ans et de la proximité du théâtre des différents affrontements.


Plan des bâtiments l'abbaye

Grisailles à l'extrémité orientale de la sacristie

Sainte couronnée en chêne sculpté, Picardie XVIe siècle

Christ en bois début du XIVe siècle

Stèle funéraire gravée

Crucifix


Le cloître et ses usages
Centre de l’abbaye, c’est autour du cloître que s’articulent les principaux bâtiments monastiques. Les galeries qui entourent le jardin central desservent les différents espaces. La galerie Nord, adossée à l’église, accueillait les cérémonies liturgiques. La galerie Est accueillait les activités intellectuelles et dessert la sacristie ainsi que la salle capitulaire lieu de lecture quotidienne d'un chapitre de la règle de saint Benoît. C’est également dans cette galerie que les moines s’adonnaient à la lectio divina, un temps de méditation, de prière et de lecture individuelles prescrit par la règle. Les livres y étaient conservés, dans une niche (armarium) encore visible. La galerie Sud conduit au chauffoir, au réfectoire et à la cuisine. Elle était dévolue aux activités domestiques. Un escalier menant au dortoir y débouche. En face du réfectoire se trouvait un petit pavillon gothique, appelé « lavabo », abritant une fontaine qui alimentait l’abbaye en eau potable. La galerie Ouest était pourvue d’une porte donnant sur un accès conduisant au cellier et au bâtiment des frères convers, à la cuisine et au bas-côté Sud de l’église.

Entre 1793 et 1860, la reconversion de l’abbaye en fabrique textile provoque plusieurs remaniements dans son architecture : La galerie Nord est fermée aux extrémités, pourvue de baies vitrées et de cheminées. La galerie Est, entièrement détruite pour permettre l’ouverture de fenêtres dans la façade du bâtiment qui abritait alors une filature. Le long de la galerie Sud, le creusement d’un canal souterrain entraîne la destruction du lavabo. La galerie Ouest est alors pavée pour faciliter le passage des véhicules jusqu’à la salle des marchandises. En 1855, toutes les galeries sont garnies de fenêtres et transformées en ateliers d’impression pour étoffes. Les larges baies qui communiquent à l’Ouest avec la ruelle des convers, elles ne sont ouvertes qu’au début du XXe siècle. En 1864, l’abbaye est rendue à la vie monacale. Le cloître est déblayé et des restaurations sont entreprises. L’escalier du dortoir rénové par les moines en 1672 est détruit, et les toitures en appentis des quatre galeries remplacées par des terrasses. Le cloître fut définitivement restauré en 2007. Aujourd’hui comme hier, c’est un lieu de vie central au sein de l’abbaye, sert désormais de scène aux représentations musicales proposées par la Fondation Royaumont.


Vue du cloître

Galerie Nord du cloître hébergeant un concert

Le cloître vu depuis la galerie Nord

Croisée d'ogives d'une galerie

Angle des galerie Nord et Est

Diagonale du cloître du Sud-est au Nord-ouest

La galerie Nord

Centre du cloître et cheminée de l'angle Nord-ouest

Angle Nord-est

Angle Nord-ouest

Galerie Nord vue depuis le Sud

Porte du réfectoire des moines dans la galerie Sud du cloître

Porte des cuisines dans la galerie Sud

Cloître vu depuis l'Ouest

Angle Sud-ouest

Autre vue du cloître (depuis la galerie Nord)

Angle Nord-est

Depuis l'angle Sud-ouest

Angle Nord-est vu depuis l'angle opposé


Les cuisines des moines
Située entre les deux réfectoires (celui des moines et celui des convers) dans l'aile Sud, la salle est de grande taille en raison du nombre important de religieux qui y prenaient leurs repas à l'époque médiévale. Le style fonctionnel de la salle donne une impression plus lourde que dans les réfectoires, celui des moines en particulier. La cheminée a disparu quasi totalement. Au Nord, une porte donnait accès à la fontaine d’eau potable du cloître. A l’Ouest une porte conduisait à la ruelle des convers.

Les cuisines des moines située dans l'aile Sud

Tapisserie sur le mur Ouest

Colonnes des cuisines

Mur Nord des cuisines

Vierge à l'enfant

Vitrail de saint Étienne exposé dans les cuisines

Travées Nord des cuisines

Travées Sud des cuisines


Escalier en bois menant aux étages

Le réfectoire des convers
Il s'agit d'une salle d'environ 300 m² comportant six travées voûtées d'ogives datant du XIIIe siècle. Ces religieux qui, au Moyen Âge, en charge des aspects matériels de la vie de leur communauté prenaient leur repas dans une salle différente des moines réguliers. Les familles d’industriels qui gérèrent l’usine textile entre 1792 et 1864, la transformèrent en salle de divertissement pendant un temps. Les colonnes et les voûtes médiévales cohabitent avec le lambris de bois de la seconde moitié du XIXe siècle par les sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux et un carrelage noir et blanc en damier, plus récent.

Porte du réfectoire des convers


Deux vues du réfectoire des convers, aménagé pour un évènement

Croisée d'ogives de la salle


Le réfectoire des moines
Mariage de la sobriété cistercienne et de sa vocation royale (plus de 40 mètres, hauteur sous voûte de 10 mètres), il était le lieu de repas des moines cisterciens, en silence, tandis qu’un texte sacré leur était soumis par un lecteur depuis la chaire.

Groupe sculpté du mausolée du comte Henri de Lorraine-Harcourt, réalisé par Antoine Coysevox

Vitraux du réfectoire des moines

Orgue Cavaillé-Coll installé en 1936 rappelle que, depuis près d’un siècle

Vitraux du réfectoire des moines

Tribune de la chaire avec ses vitraux restaurés au XIXe siècle

Angle Sud-est du réfectoire et colonne


Deux vues du carrelage dissimulant des tuyaux du chauffage posés au début du XXIe siècle


Infos pratiques
- De Paris, le plus « simple » serait de passer par la Francilienne mais on ne gagne pas beaucoup de temps et on allonge le parcours.  Du périphérique Nord on peut en fait passer, en empruntant la N1 puis la D316, par Sarcelles et Villiers-le-Bel en sortant par la D922 – Luzarches. Comptez une quarantaine de minutes pour parcourir les 34 km.
- L’abbaye n’est qu’à 10 km (15 minutes de route) de Chantilly et son magnifique parc, par la D909.


Voûtes du réfectoire des moines

Orgue et porte du réfectoire débouchant sur la galerie Sud du cloître